Reprenons tout depuis le début.

21 : 02

C’est un cheval noir, enfermé dans une chambre blanche. Un cheval noir, et ses yeux n’ont plus de feu. Car il a couru, et couru. Et galopé pour trouver la sortie. Et maintenant il est cassé. Cassé, comme un jouet. Tac-a-tac, tac-a-tac. Essaye toujours, pauvre fou ; un étalon-jouet. Tac-a-tac, tac-a-tac. Tu ne pourras que me fracasser le crâne. Et à travers la vitre sans teint, elle (je) l’observe – juste une petite fille. Tac-a-tac, tac-a-tac, elle va en vomir son âme. Mais elle se redresse : une personne a été là, une personne a été là dont elle se souvient, et elle court, court après son odeur – il n’a pas tenu ses promesses. Elle court, court, comme un pauvre cheval, comme un jouet cassé, et ses yeux brillent de feu, car il a oublié ses promesses. Et nous ne verrons plus jamais le soleil, et nous ne serons plus jamais fous, car nous sommes un cheval. Un cheval noir, et ses yeux n’ont plus de feu…

23 : 39

Aujourd’hui je

Voudrais crier

Lui dire en face.

ARRÊTE DE FAIRE ÇA

ARRÊTE DE FAIRE ÇA

TU VAS ME RENDRE MALADE

MALADE

JE LE SUIS DÉJÀ

ARRÊTE

JE T’EN SUPPLIE

Je ne dirais rien. Rien, comme les autres fois. Il n’est pas de mon ressort de décider de tout ça. Je vais abandonner l’idée même de pouvoir changer les choses. C’est… Je voudrais mourir maintenant… ? Je dormirais. Dormirais toute la nuit, et puis la journée. Et autant que je le pourrais. Juste pour oublier que le temps passe. Juste pour voir un monde plus beau. Juste pour être quelqu’un d’autre. Juste pour voir un lui qui ne me hait pas. Un monde si beau, n’est-ce pas ?

 

00 : 36

Je lui ai tout dit. enfin – « cracher » serait le terme le mieux choisi. Et maintenant, il me déteste encore plus qu’auparavant. Ah ! La belle affaire. Quelle importance ?

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Jours sans Noms.

Note : J’ai eu beaucoup de choses à faire ces derniers temps et peu de temps pour écrire sur mon journal. Je met les quelques bouts épars qui ont pût être récoltés.

26 / 06

J’ai encore commis une erreur. Je ne sais pas à quel moment exactement ça a bloqué, mais une chose qui le hais a refus. Il y a une chose qui n’aime pas le bonheur. Une chose qui tient à reprendre son dû. Ça va passer par lui. Je le sais. A un moment ou à un autre, ça va se servir de nous. C’est le piège que ça tend. Ca sait et ça va s’en servir contre moi. Je pense qu’il n’a pas encore compris. Et puis il ne comprendra pas. Ca jubile, parce que ça sait que tant que je ne dirais rien, tant que ça fera durer la loi du silence – je ne peux pas le dire – tout pourra continuer.

Mais c’est peut-être ma faute. Peut-être est-ce moi-même qui le fait. C’est moi qui tiens le revolver sur ma tempe et je ne pourrais pas le baisser. Je dois simplement continuer un antique engrenage d’auto-destruction. Il y a une chose qui va se servir de lui – se servir de nous – et quelqu’un sera détruit. Quand à savoir qui… Le plus fragile, bon dieu, le plus fragile ! FAUSTMANN ! FAIS-MOI SORTIR DE LA !

29 / 06 / 2011

Tout ça n’est qu’une vaste mascarade. Un coup monté. Un jour ou l’autre, le décor tombera. Un jour ou l’autre. « Ne fait confiance à personne ». Mais je t’ai cru – si longtemps. Temps. Temps. Le temps n’existe pas. Plus. Jamais. Jamais plus.  Je te hais.

« Ils sont tous tes ennemis, ne crois aucune de leurs paroles ». Je t’ai cru. Si longtemps. Temps. Plus. N’existe pas. Jamais plus.

Tais-toi et sois là. Là. Où. Je passe. Où je passe. Passe. Passe. Trépasse.

« N’ai confiance en personne. Ils sont tous tes ennemis, ne crois aucune de leurs paroles. »

Mais je t’ai cru, si longtemps.

Tout ça n’est qu’une vaste mascarade. Pas le droit. Jamais. Jamais. Jamais eu le droit. Le droit d’être… Là. où tu passes. Passes. Dépasse. Mais ne trépasse pas. Jamais. Jamais plus.

Allez à la fin. Une image. Deux image. Trois image. Infinité d’images. Jusqu’à ce que le noir se fasse.

« ILS SONT TOUS TES ENNEMIS, NE CROIS AUCUNE DE LEURS PAROLES. »

Mais je t’ai cru.

Si longtemps.

Temps.

Le temps n’existe pas.

Plus.

Jamais plus.

19 : 33

Finalement je ne peux pas te haïr … ?

Finalement

Finalement

Finalement,

Tu me manques.

Nous avons atteint un palier, Faustmann.

Un nouveau lieu de non-retour.

Faustmann, vous vous doutez bien que

Personne ne m’aidera !

Personne !

FAIS-MOI SORTIR DE LA !

Il faudra faire comme eux.

Je devrais faire comme eux. Obligé.

Il n’y a pas d’autre issue, monsieur Faustmann.

Pas d’autre issue.

Je suis enfermé dans le noir du sous-sol avec juste une lampe torche. J’ai l’impression de distinguer entre les échos de goutte d’eau le grincement d’une porte.

Le grincement d’une porte.

Le grincement d’une porte.

Le grincement d’une peur.

La lumière s’allume. Il arrive enfin.

08/07/2011

13 : 37

Rien ! Je ne laisserais rien partir. Rien passer. Rien filer entre mes doigts.

Cette impression…

La perte de cette confiance. Et si je me trompais ?

Et cette seule question ouvre un gouffre sans fond et je perd pied. Vertigo. Vertigo Tour. Mon chéri, veux-tu monter dans la Vertigo Tour ? Je te le promet, le saut sera long.

Il faut reprendre aplomb !

Huitieme Jour

18 : 42

C’est foutu. Foutu. Foutu. Je savais même pas ce que je faisais, je m’en fous, c’est trop tard, j’arrive plus à penser, que quelqu’un me sorte de là. Je lui ai dit que je ne lui parlerais plus. J’aurais du, j’aurais pas du ? J’en sais rien. J’aimerais juste que tout cesse. Mais juste une dernière fois !

 

18 : 50

MAIS LAISSEZ-MOI TRANQUILLE !

 

19 : 53

Mais bordel, qu’est-ce que je suis en train de faire ?

 

20 : 32

C’est mieux comme ça … ?

Septieme Jour

20/06/2011

8 : 26

Je suis encore seul dans une assemblée de gens qui me méprisent. J’essaye d’entendre ce qu’ils disent, se moquent-ils de moi ? Oui. Encore.

C’est pitoyable, crevez tous.

8 : 47

Est-ce que ça ira aujourd’hui ? Le prochain palier est dans 8 jours.

9 : 18

Je m’ennuie, je suis fatigué, laissez-moi sortir d’ici !

9 : 40

Ne pas céder. La barrière doit encore tenir, quelques heures, quelques minutes ou quelques jours, 8 journées ou un an…

9 : 40

Dévorer dévorer dévorer dévoré.

9 : 50

Secondes, secondes, rapides et légères, et qui filent si vite, mais paraissent si longues…

9 : 58

Vivement que le soir arrive.

13 : 45

C’est comme si un vieux souvenir avait été sur le point… De resurgir…?

20 : 05

Et pourquoi j’attends toujours ? J’en ai marre d’attendre quelque chose, quelqu’un, qui ne vient pas, qui ne vient jamais. C’est comme s’il suffisait d’une parole, un cri, un murmure, je sais pas, et personne ne le prononce et personne ne hurle ni ne chuchote, et les mots se bloquent dans ma propre gorge…

21 : 04
Il y a quelque chose dont je devrais être jaloux, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Tu veux bien m’indiquer la route, s’il te plaît ? Je donnerais toute ma raison.

Sixieme Jour

19/06/2011

18 : 43

J’ai l’impression qu’un problème est réglé, un parmi tant d’autres, mais pourquoi pas ?

 

19 : 44

C’est comme un peu de

Frustration qui

Pique pique pique mord

Jusque dans les OS.

 

20 : 18

Quelques souvenirs suffisent à vivre longtemps.

 

22 : 54

J’ai dit tout ça à quelqu’un. C’était la première fois depuis longtemps. JE VAIS TE PROUVER QUE JE N’AI PAS BESOIN DE TOI.

 

23 : 55

Il faudra pourtant bien que j’en finisse avec eux, avec eux tous. Ça ne sert à rien tout ça, ce n’est que de la souffrance en plus. Il y a des gens qui doivent disparaître de ma vie pour notre sécurité à tous. Mais pourquoi, pourquoi je refuse de les abandonner ?

 

00 : 03

Parce qu’être ami avec certaines personnes, c’est difficilement supportable parfois.

 

 

00 : 20

Je vais tout cracher.

 

00 : 45

Mais pourquoi dois-je assumer les décisions des autres ? Pourquoi des vies reposent-elles sur mon bonheur ou mon malheur ? C’est injuste.

Cinquieme Jour.

18/06/2011

12 : 14

Je me suis toujours interdit de songer que ma pensée m’appartenait. Que je la livre en pâture aux autres ! Qu’ils m’écrasent jusqu’à ce que naisse un peu de souffrance.

12 : 43

Il faut tout dévoiler. Il faut livrer la pensée la plus profonde et l’idée la plus personnelle. Jusqu’à perdre le simple droit au secret.

15 : 33

J’ai franchement pas envie d’écrire aujourd’hui, j’ai vraiment pas envie de faire quoi que ce soit en fait, mais je doit quand même faire une note, juste pour se souvenir d’une loi que j’avais oublié depuis longtemps et qu’il est bon de ressortir de temps en temps : « Il ne faut jamais faire confiance à personne. Ne fait confiance qu’à toi-même. Les autres ne sont que des ennemis, il faut s’en méfier. Il te déteste tous, ne croit aucune de leurs paroles ».

15 : 37

Cachons la vérité ! Remplissons notre cervelle de ce que nous ne disons pas.

15 : 44

Règle n°1 : « Il ne faut jamais faire confiance à personne. Ne fait confiance qu’à toi-même. Les autres ne sont que des ennemis, il faut s’en méfier. Il te déteste tous, ne croit aucune de leurs paroles »

Règle n°2 : « Si quelqu’un te hais, hais-le en retour. Vouloir que quelqu’un t’aime est absurde. »

Règle n°3 : « Réponds au coup par le coup. Oeil pour oeil, dent pour dent, souffrance pour souffrance, rien ne restera impuni. »

Règle n°4 : « FAITES PETER LA CERVELLE ! UNE TÊTE DE CHIEN SUR TOUS LES MURS ! »

Règle n°5 : « Ta pensée ne t’appartiens pas. Livre-la aux autres, peu importe la souffrance engendrée. »

20 : 39

Je rêve d’avoir un flingue.

20 : 40

Le jour où j’irais vraiment à la fin de tout ça, il sauront qui je suis. On dira que je suis fou, mais sur tous ces journaux, ils sauront mon nom. Et plus aucun ne dira que je n’oserais pas, plus aucun pour dire que je mens.

20 : 42

Le prochain palier est dans 10 jours. Est-ce que j’irais à la fin de tout ça ? Dix jours. Moi aussi je voulais encore un peu de temps, mais il faut que ça passe ! Un jour ou l’autre !

20 : 46

FAITES EXPLOSER LA CERVELLE !

22 : 24 Je suis encore seul à attendre quelqu’un qui ne sait pas que je l’attends. C’est nul.

00 : 58

Tu n’es pas là, n’est-ce pas ? Pas ce soir ? Ça fait trop longtemps à présent que je ne t’ai pas parlé et maintenant même les souvenirs sur lesquels je basais encore un semblant d’ordre commencent à s’effriter. Car, tu vois, c’est encore stupide sans doute mais tant que c’était comme une sorte d’état de fait stable, ce petit mensonge était une pâle imitation de raison de vivre, et je m’y étais habitué peu à peu, à te parler chaque soir. Non, bien sûr, ce n’était sans doute rien d’important, mais j’avais l’impression que c’était comme la seule chose intelligente dans la journée, les seules paroles qui ressortaient de la masse sordide des idées banales. Et je le défendais comme un chien défend son os, ce moment clair dans le quotidien gris, prit au milieu de cette routine où je m’enlise et pourtant : si visible. Oui, j’avais hâte de te parler, et ça me donnait un peu comme une raison de me lever le matin, parce que malgré la fatigue et cette impression presque physique que tout cela ne servait à rien, il fallait se lever. Même si toutes les journées étaient identiques et mornes et inutiles, même si ce n’était qu’ennui, ces minutes qui passaient au compte-goutte. Mais si je ne faisais pas mon devoir, si je n’acceptais pas cette incessante répétition en nuance de gris, alors je pouvais être persuadé que le soir, d’une manière ou d’une autre, je ne te parlerais pas. Et comme je tenais absolument, absolument à garder ce moment d’intelligence, et cette fragile impression de vie en moi, je devais me lever chaque matin même si en moi une chose hurlait « Crève aujourd’hui ». Peut-être que c’était juste trop, que j’ai trop compté là-dessus, parce que ce moment-là c’était comme de remplir touts ces vides en moi. Et vois-tu, c’était un peu un équilibre, oui, un équilibre malsain, car chaque soir je ne dormais plus juste pour ça et je ne pouvais plus me réveiller et rester debout, et je ne travaillais plus et je m’enfonçais dans l’ennui, avec ce sommeil presque physique qui, monté sur mon dos, voulait me faire fermer les yeux malgré mes efforts. Mais c’était mieux que de ne rien avoir.

Mais tu n’es pas là, n’est-ce pas ? Sans doute, sans m’en rendre compte, ai-je reposé toute ma vie juste sur nos conversations, comme si c’était la dernière chose importante, et maintenant j’en paye le prix. Ce n’était pas important, au final, ce n’était que des discussions sans intérêt à travers des ordinateurs, mais malgré tout c’était un peu comme d’être vivant. Mais maintenant tu n’es pas là et les souvenirs de nos conversations s’effritent avec lenteur et il ne reste plus que ces vides, ces vides, ces vides en moi. Et c’est comme si tu n’existais plus tout à fait…