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wBee. Une abeille.

Ce matin en me réveillant, j’ai pensé que tout était fini. J’étais bien idiot mais j’ai pensé que tout était fini. Comme si ça allait finir un jour. Hier, je suis devenue fou.

Il faut prononcer les mots pour les comprendre, je pense. Prononcer. Il ne m’a pas juste supprimé, tu comprends ? Non, il n’a pas fais que me laisser tomber. Il a tenté de me tuer. Il savais parfaitement que j’en crèverais. J’ai vraiment failli crever, tu sais, Stephen ? Oui. C’est vrai. Dans ma tête il y a un cheval noir. Un cheval noir, et ses yeux n’ont plus de feu… J’ai vraiment cru que le cheval, notre étalon-jouet, Steve, j’ai vraiment cru qu’il avait trouvé. Trouvé. La sortie. Mais il ne sortira pas aujourd’hui. Ecoute bien quand je hurle, Steve, écoute bien quand je crève. C’est beau. Je suis juste mort à l’intérieur. Regarde-moi devenir comme eux, Steve, regarde-moi devenir un fantôme. C’est beau. Les monstres sont de sortie ce soir. Ils vont nous bouffer la cervelle. Ca pue le cadavre, pour eux, ça pue la charogne. Les Grignoteurs de cerveau connaissent l’odeur de l’humain qui meurt. Pourtant tout est parfait, Faust, pourquoi je suis en train de crever ? Je lui avais dit que ça me tuerais. Nous frappons notre vie aux armes de notre âme, et que son état nous enivre. Endorphine, Steve, c’est la drogue du bonheur. Notre bonheur, Stephen, on l’a bouffé tout les deux, comme des cons. Tu es si beau quand tu me dégoûte, si beau… Je te ferais vivre encore un peu. La fin de nos jours se rapproche. Stephen, j’aime quand tu es si laid, si répugnant, j’aime quand je ne te supporte plus, j’aime quand tu me rappelles la candeur de ma rage et la pudeur de mon horreur. Je suis encore comme un enfant, Stephen, tu es un homme qui meurt et à nous deux nous sommes l’adolescent émerveillé. Jamais je ne dirais à personne la vérité. Jamais je ne dirais ça, Steve, mais à toi je te le dis, car tu es mon corps et mon âme, mais vois-tu, il a tenté de nous tuer. Allons-nous le haïr ? Non, Steve, tu as peur et j’aime, mais nous ne sommes pas fait pour détester. Je n’aurais plus jamais confiance. Je n’aurais plus jamais confiance. C’est pour les lâches, la confiance. Ceux qui ne vivent pas. Nous existons, Steve, nous existons ! Mais j’existe plus que toi. Car vois-tu, nous sommes seuls. Seuls contre ce monde. Oui, et nous mourrons tous deux le même soir. Nous mourons tous deux tous les soirs. Nous sommes la cité et la cité nous frappe. La cité nous dévore et la cité nous crache. Déglutit lentement et recommence. On est devenus timbrés ! Rions ensemble, Steve, nous sommes tarés ; personne ne le sais. Stephen, ce matin, j’ai pensé que tout était fini. J’étais bien idiot mais j’ai pensé que tout était fini. Comme s’il n’avait pas essayé de nous tuer. Hier, nous sommes devenus fous. Dans ma tête, il y a un cheval noir, et je n’ai pas de sortie pour lui.

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