Publié le

Cinquieme Jour.

18/06/2011

12 : 14

Je me suis toujours interdit de songer que ma pensée m’appartenait. Que je la livre en pâture aux autres ! Qu’ils m’écrasent jusqu’à ce que naisse un peu de souffrance.

12 : 43

Il faut tout dévoiler. Il faut livrer la pensée la plus profonde et l’idée la plus personnelle. Jusqu’à perdre le simple droit au secret.

15 : 33

J’ai franchement pas envie d’écrire aujourd’hui, j’ai vraiment pas envie de faire quoi que ce soit en fait, mais je doit quand même faire une note, juste pour se souvenir d’une loi que j’avais oublié depuis longtemps et qu’il est bon de ressortir de temps en temps : « Il ne faut jamais faire confiance à personne. Ne fait confiance qu’à toi-même. Les autres ne sont que des ennemis, il faut s’en méfier. Il te déteste tous, ne croit aucune de leurs paroles ».

15 : 37

Cachons la vérité ! Remplissons notre cervelle de ce que nous ne disons pas.

15 : 44

Règle n°1 : « Il ne faut jamais faire confiance à personne. Ne fait confiance qu’à toi-même. Les autres ne sont que des ennemis, il faut s’en méfier. Il te déteste tous, ne croit aucune de leurs paroles »

Règle n°2 : « Si quelqu’un te hais, hais-le en retour. Vouloir que quelqu’un t’aime est absurde. »

Règle n°3 : « Réponds au coup par le coup. Oeil pour oeil, dent pour dent, souffrance pour souffrance, rien ne restera impuni. »

Règle n°4 : « FAITES PETER LA CERVELLE ! UNE TÊTE DE CHIEN SUR TOUS LES MURS ! »

Règle n°5 : « Ta pensée ne t’appartiens pas. Livre-la aux autres, peu importe la souffrance engendrée. »

20 : 39

Je rêve d’avoir un flingue.

20 : 40

Le jour où j’irais vraiment à la fin de tout ça, il sauront qui je suis. On dira que je suis fou, mais sur tous ces journaux, ils sauront mon nom. Et plus aucun ne dira que je n’oserais pas, plus aucun pour dire que je mens.

20 : 42

Le prochain palier est dans 10 jours. Est-ce que j’irais à la fin de tout ça ? Dix jours. Moi aussi je voulais encore un peu de temps, mais il faut que ça passe ! Un jour ou l’autre !

20 : 46

FAITES EXPLOSER LA CERVELLE !

22 : 24 Je suis encore seul à attendre quelqu’un qui ne sait pas que je l’attends. C’est nul.

00 : 58

Tu n’es pas là, n’est-ce pas ? Pas ce soir ? Ça fait trop longtemps à présent que je ne t’ai pas parlé et maintenant même les souvenirs sur lesquels je basais encore un semblant d’ordre commencent à s’effriter. Car, tu vois, c’est encore stupide sans doute mais tant que c’était comme une sorte d’état de fait stable, ce petit mensonge était une pâle imitation de raison de vivre, et je m’y étais habitué peu à peu, à te parler chaque soir. Non, bien sûr, ce n’était sans doute rien d’important, mais j’avais l’impression que c’était comme la seule chose intelligente dans la journée, les seules paroles qui ressortaient de la masse sordide des idées banales. Et je le défendais comme un chien défend son os, ce moment clair dans le quotidien gris, prit au milieu de cette routine où je m’enlise et pourtant : si visible. Oui, j’avais hâte de te parler, et ça me donnait un peu comme une raison de me lever le matin, parce que malgré la fatigue et cette impression presque physique que tout cela ne servait à rien, il fallait se lever. Même si toutes les journées étaient identiques et mornes et inutiles, même si ce n’était qu’ennui, ces minutes qui passaient au compte-goutte. Mais si je ne faisais pas mon devoir, si je n’acceptais pas cette incessante répétition en nuance de gris, alors je pouvais être persuadé que le soir, d’une manière ou d’une autre, je ne te parlerais pas. Et comme je tenais absolument, absolument à garder ce moment d’intelligence, et cette fragile impression de vie en moi, je devais me lever chaque matin même si en moi une chose hurlait « Crève aujourd’hui ». Peut-être que c’était juste trop, que j’ai trop compté là-dessus, parce que ce moment-là c’était comme de remplir touts ces vides en moi. Et vois-tu, c’était un peu un équilibre, oui, un équilibre malsain, car chaque soir je ne dormais plus juste pour ça et je ne pouvais plus me réveiller et rester debout, et je ne travaillais plus et je m’enfonçais dans l’ennui, avec ce sommeil presque physique qui, monté sur mon dos, voulait me faire fermer les yeux malgré mes efforts. Mais c’était mieux que de ne rien avoir.

Mais tu n’es pas là, n’est-ce pas ? Sans doute, sans m’en rendre compte, ai-je reposé toute ma vie juste sur nos conversations, comme si c’était la dernière chose importante, et maintenant j’en paye le prix. Ce n’était pas important, au final, ce n’était que des discussions sans intérêt à travers des ordinateurs, mais malgré tout c’était un peu comme d’être vivant. Mais maintenant tu n’es pas là et les souvenirs de nos conversations s’effritent avec lenteur et il ne reste plus que ces vides, ces vides, ces vides en moi. Et c’est comme si tu n’existais plus tout à fait…

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